5 avril 2026
Paris - France
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Côte d’Ivoire: pourquoi la SIR se rapproche de la raffinerie de Dangote 

En pleine crise énergétique mondiale, la Société ivoirienne de raffinage a reçu, via le négociant Sahara Group, du carburant de la mégainfrastructure nigériane. Explications

Un mois après le début de la guerre israéloaméricaine en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, la raffinerie d’Aliko Dangote assoit plus que jamais son leadership panafricain sur les flux énergétiques dans un contexte de perturbation mondiale. Alors qu’il tourne désormais à plein régime avec une production de 650 000 barils par jour, le complexe géant de Lekki a commercialisé 456000 tonnes de produits pétroliers raffinés vers la Tanzanie, le Cameroun, le Togo, le Ghana et la Côte d’Ivoire

Selon nos informations, la Société ivoirienne de raffinage figure parmi ses clients pour la première fois. Sahara Group est à la manoeuvre de ce rapprochement commercial entre le raffineur public ivoirien et la raffinerie de Dangote. Vainqueur de l’appel d’offres de la SIR, le poids lourd panafricain de négoce s’est tourné vers le groupe Dangote pour honorer ses engagements

Une production de 3,2 millions de tonnes 

<<< On ne peut pas parler de rapprochement commercial entre la SIR et Dangote mais plutôt de complémentarité car si la SIR disposait des excédents de production, les mêmes traders seraient venus les prendre pour alimenter la sousrégion dont les besoins sont aujourd’hui énormes », défend Tiotioho Soro, le directeur général de la Société ivoirienne de raffinage. Contactée par Jeune Afrique, la direction de Dangote Refinery n’a pas répondu à nos questions avant la parution de l’article

A lire a Comment Sahara Group s’est rendu indispensable en Côte d’Ivoire 

Détenue par Petroci (actionnaire principal avec 45,74% du capital), Sahara Energy (27,33%), l’angolais Sonangol (20%), l’État burkinabè (5,39%) et l’État ivoirien (1,54%), la SIR dispose d’une capacité de raffinage de 

3,8 millions de tonnes de pétrole brut par an. En 2025, la production s’est élevée à 3,2 millions de tonnes (-15,8%)

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Depuis cinq ans, le premier groupe public ivoirien, avec 2529 milliards de francs CFA de chiffre d’affaires en 2024 (environ 3,4 milliards d’euros), est contraint d’importer des produits pétroliers raffinés pour répondre à la demande croissante des marchés ivoirien, malien et 

burkinabè. Selon nos informations, la SIR a également été privée de 25% de sa capacité de production ces dernières semaines en raison de l’arrêt d’une unité de 

transformation

En Côte d’Ivoire, une lutte d’influence secoue la Société ivoirienne de raffinage 

<<< Tous les six ans, nous devons arrêter certaines 

installations pour inspection. C’est une opération réglementaire qui prend entre 45 et 60 jours », explique Tiotioho Soro. C’est l’unité de distillation atmosphérique, qui sépare le pétrole brut en différentes fractions et constitue la première étape de tout raffinage, qui vient d’être arrêtée pour contrôle métallurgique

Un comité de suivi et de gestion 

Si la SIR détient le monopole de l’importation de pétrole brut et raffiné, le groupe s’appuie néanmoins sur les appels d’offres et les traders pour sécuriser ses 

importations. « Les produits de la raffinerie de Dangote peuvent se trouver à la SIR car la guerre au MoyenOrient a poussé tous les traders qui ont des contrats à honorer à se ruer vers elle», souligne le patron du raffineur public ivoirien sans communiquer de chiffres précis sur les volumes fournis par Sahara Group

Par ailleurs, un comité de suivi et de gestion a été mis en place par le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, et piloté par Mamadou Sangafowa Coulibaly, pour suivre l’approvisionnement et les éventuels impacts financiers de la crise énergétique mondiale sur la SIR et la Côte d’Ivoire

De son côté, la direction du groupe public affirme rester <<< très stricte sur le choix des sociétés qui participent aux 

appels d’offres » et «< assurer l’approvisionnement de la Côte d’Ivoire pour éviter une rupture de produits qui pourrait paralyser l’économie >>

Pour tourner la page des importations de produits pétroliers raffinés, le groupe public aspire à mettre en place une deuxième raffinerie moderne à l’horizon 2030 pour porter la capacité globale de production à 10 millions de tonnes. << La structure du capital et le modèle économique de cette nouvelle installation sont en discussion. Celleci permettra non seulement de couvrir les besoins de la Côte d’Ivoire mais, également, ceux du Mali et du Burkina», estime Tiotioho Soro

Source JA

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