Dommages collatéraux. Pendant plusieurs mois, Jeune Afrique et Bellingcat ont enquêté, avec la participation de l’ONG The Sentry, sur les frappes de drones menées par les Forces armées maliennes (Fama) et les Russes d’Africa Corps pour combattre les groupes rebelles et jihadistes. Leurs recherches, basées sur l’analyse d’images géolocalisées, de vues satellites, de débris de munitions et de témoignages, apportent la preuve de l’existence de victimes collatérales à ces attaques aériennes : les civils.
Des centaines de victimes. Sur les 12 frappes analysées en détail dans notre enquête, nous avons recensé un total de 146 morts civiles. Rapporté à une période de trois ans (septembre 2023 – août 2026), ce bilan s’établit à 731 victimes civiles pour 199 frappes menées par les Fama et leurs alliés. Celles-ci ont été identifiées comme visant à titre principal des civils par l’Armed Conflict Location & Event Data (Acled).
Désir de revanche. Bamako ne reconnaît jamais officiellement la mort de civils lors de ses bombardements. En privé, des officiers admettent pourtant des « bavures », en insistant sur la rigueur des processus d’identification des cibles, et sur leur complexité. Des explications qui ne satisfont pas les civils. L’un des témoins interrogés raconte avoir rejoint les rangs du Front de libération de l’Azawad pour « accomplir [sa] revanche contre ceux qui ont tué [ses] parents » dans une frappe en mars 2024.
Au centre des discussions. À moins de deux semaines des législatives marocaines du 23 septembre, Fouzi Lekjaâ revient sur son entrée au Parti Authenticité et Modernité (PAM), ses ambitions politiques et son rôle dans la préparation du Mondial 2030. Dans un entretien exclusif à Jeune Afrique, le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) évoque aussi la CAN et ses relations avec Gianni Infantino, président de la Fifa.
Premiers pas en politique. À 56 ans, l’ingénieur agronome originaire de Berkane bénéficie d’une forte popularité, portée par les performances des Lions de l’Atlas. Son entrée au bureau politique du PAM intervient alors que le parti espère accéder au gouvernement après ses échecs de 2016 et de 2021. Toutefois, Fouzi Lekjaâ reste prudent sur ses ambitions et réfute toute réflexion sur la primature.
Déliquescence. Naguère redoutée, la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), n’est plus que l’ombre d’elle-même. Sur fond de précarisation de ses agents, un florissant marché de notes confidentielles, de relevés téléphoniques ou de photographies de procès-verbal a vu le jour.
Jusqu’au palais d’Etoudi. Dans un contexte de guerre des clans autour la succession de Paul Biya, les informations qui s’y monnayent sont régulièrement utilisées pour précipiter la chute d’adversaires politiques. À tel point qu’une source au sein du palais d’Etoudi estime « qu’il n’existe plus de rapports de renseignements neutres ».
Intérêts privés. Ce marché noir, qui nécessite une armée de petites mains sur le terrain, dépasse largement la surveillance des opposants politiques. Les quêtes de vengeance et de coups bas y sont légion, des soupçons d’infidélité aux pièges tendus à des entrepreneurs concurrents… En attestent les nombreux témoignages recueillis par Jeune Afrique dans cette plongée au cœur du marché clandestin des informations.
Affrontements. À Kinshasa, la marche de la coalition C64 contre le changement de Constitution a dégénéré en heurts avec des jeunes désignés comme membres de l’Union pour la démocratie et le progrès social, le parti au pouvoir. Blessé, Martin Fayulu a accusé Félix Tshisekedi d’avoir « tendu un guet-apens » à l’opposition. Plusieurs autres blessés ont été signalés, sans bilan officiel de la police.
Dialogue. L’opposition rejette le dialogue national proposé par le chef de l’État, estimant que son format est contrôlé par ce dernier. La C64 réclame l’abandon du projet de révision constitutionnelle.
Mandat. Le Parlement doit réexaminer la loi sur l’organisation du référendum, perçue par l’opposition comme pouvant ouvrir la voie à un troisième mandat de Tshisekedi. Réélu en 2023, le président avait déclaré en mai qu’il accepterait de se représenter « si le peuple le lui demandait ».
Faillite. Dix ans après l’arrêt de la Samir, le Maroc reste confronté aux conséquences de la disparition de son unique raffinerie. Depuis 2017, 15 offres de reprise ont été rejetées, tandis qu’une proposition de nationalisation déposée par la Confédération démocratique du travail a été rejetée par la Chambre des conseillers.
Privatisation. Privatisée en 1997 au profit du milliardaire saoudien Mohammed al-Amoudi, la raffinerie devait bénéficier d’importants investissements. Malgré plusieurs engagements, ceux-ci ont été reportés, jusqu’à la dégradation financière du groupe et son arrêt en 2015.
Stockage. Désormais dépendant à 90 % des importations de produits pétroliers raffinés, le royaume mise sur ses capacités de stockage pour sécuriser son approvisionnement. Celles-ci ont atteint 3,2 millions de m3 en 2025, et 1,5 million de m3 supplémentaires sont prévus d’ici à 2030.
JM