Naom Monari numérise et déplace les soins au chevet des patients
Alors que l’engorgement des hôpitaux et l’éloignement des centres de soins fragilisent la prise en charge médicale, la décentralisation des services devient un enjeu sanitaire prioritaire. Au Kenya, les nouvelles technologies et les initiatives mobiles apportent désormais une réponse concrète.
Elle est la fondatrice et directrice générale de Bena Care, une start‑up qui s’appuie sur le numérique pour démocratiser l’accès aux soins de santé à travers le pays.
Au Kenya, pour les patients atteints d’insuffisance rénale, se soigner signifie parcourir jusqu’à 200 km, deux fois par semaine. Un trajet épuisant et coûteux que beaucoup finissent par abandonner.
Infirmière de formation, Naom Monari a vu des familles s’effondrer face à cette réalité. Elle a décidé d’inverser la logique : si les patients ne peuvent pas aller à l’hôpital, c’est l’hôpital qui ira à eux.
Elle crée Renal Roads, le premier centre de dialyse mobile du Kenya, aménagé dans un conteneur maritime de 40 pieds.
Une clinique autonome sur remorque, équipée de 4 machines de dialyse, d’un système de purification d’eau et d’une alimentation solaire pour fonctionner en zone isolée.
Résultats dès le premier déploiement dans le comté de Murang’a en partenariat avec le gouvernement local : la distance moyenne parcourue par les patients a chuté de 76,6%, permettant d’atteindre 100% d’adhésion aux traitements.
Aujourd’hui, l’initiative assure plus de 700 séances de dialyse par mois pour plus de 100 patients, avec plus de 200 personnes en liste d’attente. Une seconde unité est déjà prête à être déployée.
Fondatrice de Bena Care, qui réduit de moitié le coût des soins pour les malades chroniques, Naom est lauréate du prix Waislitz Global Citizen et boursière Stanford Seed.
Elle ne s’est pas contentée d’inventer une technologie. Elle a réorganisé l’existant pour ramener un soin vital là où on l’avait oublié.
Jean Molière Source : Royal Academy of Engineering – Africa Prize