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Émeutes en Nouvelle-Calédonie : les inégalités entre les Kanaks et le reste de la population persistent

Le niveau de vie médian des Kanaks est deux fois plus faible que celui des non-Kanaks. Les Kanaks occupent également des professions moins bien payées et souffrent davantage du chômage.

Depuis lundi, la Nouvelle-Calédonie est en proie à des violences suite à la révision constitutionnelle voulue par le gouvernement mais contestée par les indépendantistes. Les émeutes ont causé la mort de cinq personnes, trois civils et deux gendarmes.

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Ces violences s’inscrivent aussi dans un contexte de crise économique et surtout d’inégalités entre les Kanaks et le reste de la population. Selon les chiffres de l’INSEE, 20% des Calédoniens vivent sous le seuil de pauvreté contre un peu moins de 15% à l’échelle nationale. Derrière ce chiffre, se cachent en plus des disparités entre Kanaks, le peuple autochtone et les non-Kanaks.

Le niveau de vie médian des Kanaks est deux fois plus faible que celui des non-Kanaks. Cela s’explique, entre autres, par le fait que les Kanaks occupent des professions moins bien payées et qu’ils souffrent aussi plus du chômage. En effet, c’est une autre inégalité observée en Nouvelle-Calédonie, l’accès à l’emploi.

Moins de 5% des Kanaks actifs sont cadres

D’abord, le taux de chômage est particulièrement important chez les Kanaks par rapport à l’ensemble de la population calédonienne. Ils sont près de 20% sans emploi alors que la moyenne sur l’archipel est à 12%. Mais le plus criant, ce sont les différences d’accès aux emplois les mieux rémunérés : moins de 5% des Kanaks actifs sont des cadres. C’est le triple pour les non-Kanaks. Près de 15% des Kanaks qui travaillent, occupent des professions intermédiaires. C’est presque le double pour les non-Kanaks. Enfin, 80% des Kanaks occupent les professions les moins rémunératrices, comme employés ou ouvriers contre 45% pour le reste de la population.

Un inégal accès au logement

Et cela s’explique, notamment, par une autre inégalité, celle concernant le niveau d’études. Là, l’écart est très important entre Kanaks et Caldoches, spécifiquement. Les Caldoches, ce sont les descendants des colons blancs arrivés au 19e siècle. Ils sont la deuxième communauté de l’archipel. Et bien près d’un Kanak sur deux n’a aucun diplôme ou le brevet des collèges seulement, contre 11% seulement des Caldoches. La disparité est tout aussi importante chez les diplômés. Seul un Kanak sur quatre a le bac ou plus contre près des trois quarts des Caldoches.

Les inégalités sont aussi criantes quant à l’accès au logement. Un rapport de l’INSEE 2016 qui s’est intéressé aux discriminations d’accès au logement dans le Grand Nouméa où vit 70% de la population. Selon le profil des candidats, le taux de réponses positives à des annonces de locations variait entre les Kanaks et Caldoches : près de 65% de réponses positives pour les Caldoches contre 52% pour les Kanaks.

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