3 février 2023
Paris - France
CULTURE

Céline Banza se met en mode Prayer pour la Rumba

Une voix douce, frissonnante, savoureuse, ondulante comme une vague  entrainante sur la voie de la  rumba « climatisée  » dans la contrée lointaine de la rive du fleuve  Congo. Celine , la jeune pousse de la rumba congolaise ,guitare en bandoulière de sonorités caressantes, est certainement sur les traces de  Lokua  kanza,mpongo love, wendo kolosoy , Tabu Ley  …..

Née à Kinshasa en , Céline Banza compose et interprète des chansons réligieuses dès l’âge de cinq ans ou sept ans. Son défunt père lui offre alors une guitare. Depuis, sa vie est entièrement dédiée à la musique.

Elle commence à chanter très jeune avec la chorale de son école avant de s’installer à Kisangani, une ville du centre-est du pays, où elle rencontre des personnes qui l’aident à développer son goût pour la musique, la danse, le théâtre et le cinéma. En 2017, de sa collaboration avec le chorégraphe-danseur Faustin Lyniekula, naît le court-métrage : Tamuzi, dans lequel elle joue son propre rôle. Sa première scène se déroule à l’alliance française de la ville. Elle côtoie des danseurs et des rappeurs.

A quinze ans, de retour dans sa ville natale, Kinshasa, Céline Banza entre à l’Institut National des Arts où elle étudie la musicologie. Elle confie que cette discipline l’a grandement aidée dans sa créativité. Elle y rencontre ses trois compagnons qui formeront plus tard, son groupe artistique Banza Musik.

En , sa participation à l’émission The Voice Afrique francophone, la conforte dans son envie d’entamer une carrière musicale. Elle se fixe comme objectif de gravir peu à peu les marches et d’occuper le devant de la scène.

Le nouvel extended play (EP), format musical comportant plus de pistes que le single et moins de pistes que l’album, qui sort le 15 avril, comporte cinq nouveaux morceaux inédits dont le titre éponyme que la jeune chanteuse et guitariste congolaise a chanté comme à son habitude dans sa langue maternelle, le ngbandi, et en partie en anglais.

Céline Banza en mode Prayer (DR)

Très personnel, cet EP, l’enfant prodige du Nord-Ubangi l’a enfanté dans un tournant difficile de sa vie, a-t-elle dit au Courrier de Kinshasa. C’est vraiment sous un ton de confidence qu’elle a parlé de Prayer. C’est un mal-être qui lui a inspiré le recours à la prière. Prayer fait donc bien référence à la prière car, pour Céline Banza, il est arrivé un moment où il était impérieux d’y recourir. « Prière parce que l’année passée, lorsqu’on terminait la tournée du premier album, beaucoup de choses autour de moi ne se passaient plus/pas comme prévu »Face à cette terrible impasse, elle a confié ne pas savoir sur qui se tourner. Mais son âme dans la tourmente, la chanteuse a trouvé le moyen d’imposer tout le calme, se demandant quelle prière devait-elle faire. «  Je suis sans force et n’espère pas grand-chose auprès de mes proches … si Dieu existe vraiment, il doit venir à mon aide », supplie-t-elle.

Son appel à l’aide, au secours ultime du Très-Haut, Céline Banza l’exprime dans sa langue maternelle à laquelle elle est très attachée, le ngbandi, et en partie en anglais. Cette prière instante, Prayer donc, est à découvrir dans son nouvel Ep dont la sortie est annoncée dans une dizaine de jours. Le ngbandi revient également dans deux autres nouveaux titres, le troisième et le quatrième, à savoir Na Hin (Avec vous) et Fa mbi lege (Montre-moi le chemin, la voie). Le deuxième, c’est Fragile et le cinquième For you qui est la seule collaboration annoncée, un featuring réalisé avec Djizzo Balume.Les cinq titres de Prayer (DR)

Céline Banza, c’est un sacré caractère qui surprend autant que ce charme atypique perçu à travers une voix aux accents mélancoliques qui émeut plus d’un. Il y a donc lieu d’espérer que comme avec Tere Mbi, cette chanson en ngbandi qui lui a valu le Prix découvertes RFI en 2019, la chanteuse, avec sa guitare en bandoulière, va une fois de plus toucher les âmes. Sa musique qui pour cette fois n’est pas revendication, comme l’était en partie son premier album Praefatio, mais épanchement du cœur, devrait faire encore plus d’effet, est-on en droit de penser. Prayer sort sous le label Bomayé Musik de ses aînés Philo et Youssoupha. Il fait suite aux single Na mileli (Je m’apitoie sur mon sort) paru en janvier 2020 et Départ, son featuring avec Youssoupha sorti en janvier 2021. Pour l’heure, il nous revient que la jeune artiste âgée de 25 ans s’active dans les préparatifs d’une nouvelle tournée africaine qui la conduira aussi à se produire sur des scènes en France et en Belgique.

Notons qu’outre le Prix international décerné en 2019,  Céline Banza avait eu le privilège, le 31 juillet 2021, d’être nommée ambassadrice nationale de l’Unicef en République démocratique du Congo. Ceci, à l’occasion de la Journée de la femme africaine.

Celine ,une voix de velours à satisfaire les papilles gustatives de la Rumba congolaise . Prayer ; belle réalisation artistique veloutée.

Jean Molière /Nioni Masela

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