octobre 5, 2026 by CONTIENENT MEDIA

Afrique du Sud : 43 assassinats politiques avant les municipales

À un mois des élections locales, au moins 43 personnes ont été tuées depuis le début de l’année dans des attaques présumées à caractère politique en Afrique du Sud, selon un rapport de l’organisation Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC). Le pays entre dans une période électorale sous tension, alors que l’ANC, au pouvoir depuis la fin de l’apartheid, cherche à reconquérir son électorat.

L’initiative mondiale contre le crime organisé dresse le tableau d’une situation alarmante en Afrique du Sud, où l’organisation a décompté 43 assassinats politiques en cette année d’élections municipales (4 novembre). Dans un pays qui enregistre l’un des plus hauts taux d’homicides, les représentants locaux ou candidats sont souvent en première ligne face aux réseaux criminels.

Le chiffre est glaçant : 43 assassinats politiques ont eu lieu cette année en Afrique du Sud. Une nouvelle vague de meurtres politiques frappe la nation arc-en-ciel à l’approche des élections municipales. L’échéance du 4 novembre prochain est particulièrement sensible car les élus locaux sont souvent en première ligne face au crime organisé, à l’extorsion ou encore à la corruption. En juin dernier, un week-end d’inscription sur les listes électorales avait été le théâtre de plusieurs assassinats à travers le pays, notamment celui d’une candidate au poste de conseillère de quartier, abattue dans sa voiture.

L’initiative mondiale contre le crime organisé, à l’origine de ces chiffres, alerte sur des statistiques anormalement élevées. Le nombre d’assassinats, visant principalement des responsables de partis politiques, des conseillers de quartier, des membres d’organisations et de mouvements civiques, ainsi que des chefs traditionnels, a déjà dépassé celui des précédentes élections municipales. Pourtant, « les mois présentant le plus de risques sont encore à venir, à mesure que les luttes pour le pouvoir politique s’intensifient », a fait valoir cette organisation indépendante issue de la société civile, dont le siège est à Genève.

13 morts à l’ANC

La région du KwaZulu-Natal, fief de l’ancien président déchu Jacob Zuma, est la plus touchée. Le responsable de la province a pris la parole en fin de semaine pour appeler au calme, demander aux partis politiques de prendre leurs responsabilités et de s’assurer que la concurrence électorale reste pacifique. Sur les 43 personnes tuées, 13 appartenaient à l’ANC, suivies de huit membres du MK Party (MKP) dirigé par Zuma, selon le rapport intitulé « Bullets and Ballots » (« Des balles et des bulletins de vote »).

Ces élections locales du 4 novembre seront un test du soutien à l’ANC avant les élections nationales de 2029, après que le parti qui a mené la lutte contre l’apartheid a perdu sa majorité en 2024. Les partis espèrent tirer profit du désenchantement à l’égard du Congrès national africain, plus grand parti depuis l’avènement de la démocratie en 1994, en raison de l’effondrement des infrastructures, de la criminalité et de la corruption.

La GI-TOC estime que les mois précédant le scrutin pourraient rester particulièrement sensibles, alors que la compétition pour le pouvoir local s’intensifie. Ces élections seront également observées comme un indicateur du rapport de forces en vue des prochaines élections nationales, prévues en 2029.

Jean Molière

Tags : No tags found

Nous décryptons pour vous l'essentiel de l'actualité africaine. De la politique à l'économie, en passant par la culture, la technologie et les enjeux sociétaux, Continent Media se veut le miroir d'une Afrique plurielle et dynamique. Notre objectif ? Offrir un regard juste, indépendant et approfondi sur les événements qui façonnent le continent.
Restons en contact Une info à nous partager ? Une suggestion ou un partenariat ? Notre équipe est à votre écoute :
🌐 Site web : www.continentmedia.fr
📧 E-mail : contact@continentmedia.fr
📞 Téléphone : +33 (0)7 82 36 61 12