66 ans après son indépendance, Madagascar veut reprendre possession des terres héritées de la colonisation. Une loi adoptée par l’Assemblée nationale prévoit le transfert à l’État de terrains toujours enregistrés au nom d’étrangers depuis avant 1960. Une question foncière qui intéresse aussi les Mahorais, nombreux à avoir des attaches familiales avec la Grande Île.
oixante-six ans après son indépendance, Madagascar veut reprendre la main sur une partie de son foncier hérité de la période coloniale. L’Assemblée nationale a adopté le 1er juillet une proposition de loi permettant le transfert à l’État des terrains vacants et non exploités, toujours immatriculés au nom d’étrangers depuis avant le 26 juin 1960.
Le dispositif prévoit toutefois plusieurs exceptions, notamment pour les terrains appartenant aux représentations diplomatiques ou aux propriétaires ayant acquis la nationalité malgache.
L’objectif affiché est de remettre dans le patrimoine de l’État des terres restées juridiquement aux mains d’étrangers plusieurs décennies après l’indépendance et de pouvoir les mobiliser pour le développement du pays. Le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, à l’origine du texte, estime ainsi que les terres acquises pendant la période coloniale ont vocation à revenir à Madagascar.
Seules les personnes de nationalité Malgaches peuvent être propriétaires de terres sur la grande Île
Une question foncière particulièrement sensible dans la Grande Île, où un étranger ne peut aujourd’hui pas devenir directement propriétaire d’un terrain. La loi sur les investissements lui permet en revanche de conclure un bail emphytéotique pouvant aller jusqu’à 99 ans. Pour acheter en pleine propriété, la nationalité malgache constitue donc un enjeu déterminant. À Mayotte, où une partie de la population possède des attaches familiales anciennes avec Madagascar.
Source RFO