Home A LA UNE «Ils nous forçaient à nettoyer les cadavres dans les rues» : dans le désert tchadien, le calvaire sans fin des réfugiés du Darfour
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«Ils nous forçaient à nettoyer les cadavres dans les rues» : dans le désert tchadien, le calvaire sans fin des réfugiés du Darfour

Un alignement vertigineux de carrés blancs colore la lande semi-désertique de l’Est tchadien. Ces bâches, agrafées à de petites ossatures de bois, se succèdent à perte de vue. Situé à une poignée de kilomètres de la frontière soudanaise, le camp d’Oure-Cassoni abrite, en ce début 2026, plus de 100 000 réfugiés ayant fui la guerre qui ravage le Soudan voisin.

Depuis avril 2023, une guerre meurtrière oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR), toutes deux accusées d’atrocités. Ces violations «peuvent constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité et doivent faire l’objet d’enquêtes rapides et impartiales», est-il aussi écrit.

«L’épicentre de la plus grave crise humanitaire» au monde

Dans le détail, les signataires sont les chefs de la diplomatie de 24 pays de l’Union Européenne, du Canada, du Royaume-Uni, de l’Islande, de la Norvège et de la Nouvelle-Zélande, une commissaire européenne et un responsable humanitaire suisse.

«Nous réitérons d’urgence notre appel aux Forces de soutien rapide (FSR), aux Forces armées soudanaises (FAS) et à leurs milices alliées pour qu’elles cessent immédiatement les hostilités», ajoutent les Occidentaux. Cinq jours auparavant, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme accusait les paramilitaires de «crimes de guerre et de possibles crimes contre l’humanité».

Mercredi, les Occidentaux ont dénoncé «la récente et grave escalade des attaques par drones et par voie aérienne», qui vise civils, personnel sanitaire et humanitaire. Les régions du Darfour et du Kordofan «demeurent l’épicentre de la plus grave crise humanitaire» au monde, poursuit la déclaration.

«Des actes de génocide» selon l’ONU

Dans le même temps, la mission indépendante d’établissement des faits de l’ONU sur le Soudan a fait état d’«actes de génocide» à El-Fasher. Dans un rapport intitulé «Caractéristiques du génocide à El-Fasher», la mission a établi que «l’intention génocidaire est la seule conclusion raisonnable que l’on puisse tirer des agissements systématiques des FSR» dans cette ville du Darfour, région de l’ouest du Soudan déjà ensanglantée dans les années 2000.

Ces actes sont «caractérisés par des meurtres ciblés sur des critères ethniques, des violences sexuelles, des destructions et des déclarations publiques appelant explicitement à l’élimination des communautés non arabes, en particulier les Zaghawa et les Fur», détaille un communiqué accompagnant le rapport. Mi-novembre, à l’issue d’une session extraordinaire consacrée à ces évènements, le Conseil des droits de l’Homme avait adopté une résolution ordonnant à la mission indépendante d’établissement des faits de l’ONU sur le Soudan de mener l’enquête.

Dans ses conclusions, celle-ci affirme que «les preuves établissent qu’au moins trois actes constitutifs de génocide ont été commis». Ces actes comprennent «le meurtre de membres d’un groupe ethnique protégé; le fait de causer des atteintes graves à l’intégrité physique et mentale; et le fait d’imposer délibérément des conditions d’existence destinées à entraîner la destruction physique totale ou partielle du groupe»«L’ampleur, la coordination et le soutien public apporté à l’opération par les hauts responsables des FSR démontrent que les crimes commis à El-Fasher et dans ses environs n’étaient pas des exactions de guerre isolées», a déclaré Mohamad Chande Othman, président de la mission, cité dans le communiqué.

Source Figaro

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