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Entreprises françaises : Auchan, Renault ou Airbus exposées en Russie

Plusieurs entreprises françaises subissent les dommages collatéraux de la guerre déclenchée en Ukraine par Vladimir Poutine.

Certaines entreprises françaises pourraient être impactées par la guerre menée en Ukraine par Vladimir Poutine, rapporte Le Figaro. Et ce, qu’elles exportent, produisent ou se fournissent en Russie. Les mesures de rétorsion imposées par l’Europe et les Etats-Unis y sont pour beaucoup. D’ailleurs, lundi 28 février, Bercy a mis en ligne un site d’informations pour répondre à leurs questions portant sur les sanctions et le risque cyber. Mais également dans le but de faire remonter des informations au sujet des tensions d’approvisionnement et sur les prix de l’énergie. D’abord, acheminer les produits « made in France » en Russie appartient désormais au domaine du quasi-impossible. Les importations pourraient ainsi être empêchées par les contraintes qui pèsent sur les paiements internationaux. Localement, les groupes plus intégrés, qui ont des clients et des fournisseurs russes espèrent pouvoir continuer d’agir.

Auchan, Renault et Rosbank face à des problématiques différentes

Dans cette liste des entreprises françaises exposées en Russie, on retrouve le groupe Auchan. Depuis le début de la guerre, les magasins situés en Ukraine ferment régulièrement. En revanche, ceux qui se trouvent en Russie n’ont jamais baissé le rideau. L’enseigne produit sur place. Et elle estime ne pas avoir « pour l’instant » de problèmes pour s’approvisionner. Auchan ne devrait pas être concerné par l’exclusion de certaines entreprises du système Swift. En effet, les banques avec lesquelles l’entreprise travaille ne sont pas touchées par cette mesure de rétorsion.

Renault est également concerné. Mais avec une problématique différente. En effet, cette semaine, l’usine du groupe située à proximité de Moscou sera à l’arrêt. Les camions qui sont censés approvisionner l’usine de l’entreprise française par la route en composants pour différents modèles sont bloqués à la frontière. Chaque année, 95.000 voitures y sont fabriquées. Elles sont pour la plupart achetées en Russie. Et pour l’instant, le groupe peine à mesurer les conséquences à long terme des sanctions imposées par l’Union européenne.

Rosbank, filiale de la Société générale et neuvième banque de Russie pourrait également être touchée par les restrictions imposées par l’Europe. « Dans un contexte de plus en plus compliqué, Rosbank continue d’opérer ses activités de manière sécurisée tout en adaptant ses modes opératoires, lorsque nécessaire, et de rendre le meilleur service à ses clients », assure la Société générale.

Dépendance au titane russe

En Russie, Airbus exerce toutes ses activités à l’exception de l’armement. A l’image de la filière aéronautique en Europe, l’avionneur dépend à 50% de la Russie pour ses approvisionnements directs en titane. En 2017, le groupe a signé des contrats longs avec le russe VSMPO-Avisma, leader mondial du titane. Aujourd’hui, ils sont toujours en vigueur. Cependant, Airbus souhaite réduire sa dépendance au titane russe. Pour ce faire, le groupe augmente ses stocks et diversifie ses sources d’approvisionnement. Enfin, Airbus ne sera pas impacté par l’interdiction des échanges de pièces et d’équipements aéronautiques décidée par l’Union européenne : il a mis en place un système de double, voire de triple source, pour ne pas dépendre d’un seul équipementier ou d’un seul pays.

En évoquant le titane, on peut enfin penser à Safran. Le motoriste emploie en effet 600 personnes dans des coentreprises implantées sur quatre sites russes. C’est la moitié de ses approvisionnements en titane. Des stocks constitués par le groupe pourraient lui permettre de tenir « jusqu’à l’automne prochain ». Le plus gros de son activité est réalisé en Russie. Dans le détail, cela représente 300 millions d’euros par an, ou 2 % de son chiffre d’affaires.

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