Coorganisé avec l’Alliance du vaccin Gavi et l’Union africaine, le Forum mondial pour la souveraineté et l’innovation vaccinales doit permettre d’accélérer la production de vaccins sur le continent.
C’est un rendez–vous important pour l’Afrique, qui a subi de plein fouet la pandémie de Covid–19 en raison des difficultés à s’octroyer les milliards de doses de vaccins nécessaires. Celles–ci ne sont parvenues aux pays africains que lorsque les populations des pays riches étaient déjà vaccinées. L’initiative Covax, un mécanisme multilatéral créé en 2020 pour assurer un accès équitable aux vaccins et qui a pris fin le 31 décembre 2023, a permis aux pays faible revenu d’atteindre un taux de couverture vaccinale de 57 %. Mais cela est loin de la moyenne mondiale de 67 %.
à Plusieurs chefs d’État africains sont donc attendus à Paris ce 20 juin pour participer au Forum mondial pour la souveraineté et l’innovation vaccinales, coorganisé par la France avec l’Alliance du vaccin Gavi et l’Union africaine (UA) au Quai d’Orsay. Outre le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, seront également présents le Rwandais Paul Kagame, le Sénégalais Bassirou Diomaye Faye ou encore le Ghanéen Nana Akufo–Addo. Le chef de l’État botswanais, Mokgweetsi Masisi, fera aussi le déplacement.
Entretiens avec Emmanuel Macron
Emmanuel Macron rencontrera en tête–à–tête ses homologues africains. Si un tour d’horizon de la coopération avec le Ghana devrait être fait avec Nana.
Akufo–Addo, qui termine son second mandat, des questions plus épineuses comme le conflit au Nord-Kivu dans l’est de la RDC seront au menu d’un entretien avec Paul Kagame, accusé par son voisin Félix Tshisekedi de soutenir les rebelles du M23. Le président français déjeunera aussi pour la première fois avec Bassirou Diomaye Faye. Arrivé au pouvoir le 2 avril, le chef de l’État sénégalais avait battu campagne en promettant une grande refonte des relations avec l’ancienne puissance coloniale.
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Ce sommet, lors duquel plusieurs annonces seront faites, doit par ailleurs permettre de lancer l’Accélérateur pour la production de vaccins en Afrique (Avma). << Un mécanisme de financement innovant [qui vise] à établir durablement une industrie africaine de fabrication de
vaccins capable d’améliorer la résilience de la région face aux pandémies, aux épidémies et autres urgences sanitaires », a indiqué l’Alliance du vaccin dans un communiqué.
Un milliard de dollars pour la production de vaccins
Approuvé en décembre 2023 par le conseil d’administration de l’organisation internationale – après plus de dix–huit mois de discussions avec le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) que chapeaute l’UA-, cette initiative doit permettre d’injecter près d’un milliard de dollars au profit de fabricants africains pour soutenir la production de vaccins sur le continent. « L’Avma apportera en effet une réponse financière en soutien à la production régionale sur le continent africain», peut–on également lire dans un communiqué publié sur le site du Quai d’Orsay. « Il contribuera à l’objectif de l’UA de produire sur le continent au moins 60 % des doses de vaccins nécessaires au continent africain d’ici 2040. »
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Le Sénégal et le Rwanda se sont d’ores et déjà positionnés comme des hubs régionaux, respectivement en Afrique de l’Ouest et de l’Est. À Dakar, une nouvelle unité de production de l’Institut Pasteur en phase finale de construction, financée à hauteur de plus de 200 millions d’euros grâce, en partie, au soutien de l’Agence française de développement (AFD), doit permettre à terme la production de plus de 300 millions de vaccins par an. Par ailleurs, Kigali a inauguré, en décembre 2023, le premier centre africain de production de vaccins à ARN messager du laboratoire allemand BioNTech.
Jean Moliere