16 juillet 2024
Paris - France
INTERNATIONAL

Le Kenya prêt à diriger une force multinationale de l’ONU en Haïti

Le Kenya s’engage pour Haïti. Le pays africain s’est dit prêt à déployer un contingent de 1 000 policiers et à prendre la tête d’une force multinationale. Aucun pays n’avait jusqu’ici proposé de diriger cette force extérieure pourtant prônée par l’ONU face à la crise dans laquelle s’est enfoncée Haïti, où 5,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire.

Pour aider à régler les conflits déchirant Haïti, le Kenya est prêt à s’investir massivement. Ce samedi 29 juillet, le ministère des Affaires étrangères de l’État africain s’est dit prêt à envoyer 1 000 policiers pour venir en aide à ce petit pays des Caraïbes. Il prendrait ainsi la tête de la force multinationale pour laquelle militent les États-Unis.

« Le Kenya a accepté d’envisager positivement de prendre la tête d’une force multinationale en Haïti. Le Kenya s’engage à déployer un contingent de 1 000 policiers pour aider à former et soutenir la police haïtienne dans le rétablissement de la normalité dans le pays et la protection des installations stratégiques », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

L’agrément de l’ONU reste nécessaire

 

Sa « proposition de déploiement » nécessite toutefois un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU ainsi que l’accord des autorités locales, a précisé le ministère. « Une mission d’évaluation par une équipe opérationnelle de la police du Kenya est prévue dans les prochaines semaines », a encore expliqué la même source, disant que celle-ci permettra d’acquérir des informations et d’orienter le mandat en fonction des besoins opérationnels de la mission en Haïti.

Aucun autre détail n’était disponible dans l’immédiat. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, et le Premier ministre haïtien, Ariel Henry, ont appelé la communauté internationale à intervenir pour aider la police locale, dépassée par les gangs qui contrôlent près de 80 % de la capitale, Port-au-Prince.

Ces gangs multiplient les crimes, tels que les enlèvements, les vols à main armée et les vols de voiture. En amont de l’annonce de Nairobi, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, avait affirmé samedi que des progrès vers la création d’une force multinationale de rétablissement de la paix en Haïti étaient en cours.

Le Kenya a déjà déployé ses forces de maintien de la paix à l’étranger, notamment en RD Congo et en Somalie.

Plusieurs pays ont déclaré qu’ils soutenaient l’idée d’une telle force, mais aucun n’a proposé de la diriger, dans un pays échaudé par de multiples interventions étrangères.

Cette semaine, les États-Unis ont ordonné au personnel non essentiel et aux familles des fonctionnaires de quitter Haïti « le plus vite possible ». Le 27 juillet, une infirmière américaine et son enfant ont été kidnappés près de Port-au-Prince, a annoncé samedi une organisation chrétienne.

En plus de la violence, près de la moitié de la population, soit 5,2 millions de personnes a besoin d’assistance humanitaire, dont près de 3 millions d’enfants.

JM  source: AFP

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