29 novembre 2022
Paris - France
ECONOMIE

La Guinée négocie un méga contrat pour l’un des plus grands gisements de fer du monde

Un investissement de 15 milliards de dollars doit permettre l’exploitation du site minier de Simandou, une voie ferrée de 670 km et la construction d’un port en eau profonde.

Un investissement colossal ! Quinze milliards de dollars, l’équivalent du PIB guinéen, vont être investis pour exploiter le gisement de fer de Simandou, dans le sud-est de la Guinée. Un contrat mieux négocié que les précédents selon la junte au pouvoir. Simandou est par ailleurs, depuis des décennies, affligée par la corruption réputée chronique en Guinée. Le colonel Mamady Doumbouya, qui s’est fait investir président le 1er octobre 2021, après avoir chassé par les armes son prédécesseur Alpha Condé, a fait de la lutte contre la corruption l’un de ses grands combats.

Pour ce chantier sans précédent situé sur le site de Simandou, l’Etat guinéen a signé, dans la soirée du 25 mars 2022, un accord-cadre d’une durée de trente-cinq ans avec la multinationale singapourienne Winning Consortium et l’anglo-australien Rio Tinto Simfer. Simandou est considéré comme un des plus vastes gisements de fer au monde. Il est également l’un des plus convoités, d’autant que les prix du fer et de l’aluminium flambent actuellement.

L’exploitation du site de Simandou est entravée depuis des années par les litiges sur les droits miniers, les soupçons de corruption et l’ampleur des investissements à réaliser dans une région enclavée et un pays cruellement dépourvu d’infrastructures. Le 10 mars 2022, le chef de la junte guinéenne Mamady Doumbouya avait ordonné la cessation de toute activité sur le site pour réclamer que les intérêts de la Guinée soient « préservés » par les exploitants.

« On a négocié »

Alors que les gouvernements africains négocient souvent des mauvais contrats, le ministre guinéen des Mines et de la Géologie, Moussa Magassouba, a déclaré à la RTG que l’Etat guinéen avait pris le temps de « négocie(r) » avec les sociétés minières.

« Avant on avait 0% donc 0 francs. On a négocié et on a réussi a avoir 15% des rails, du port, des mines »

Moussa Magassouba, ministre guinéen des Mines et de la Géologie

Radio télévision guinéenne (RTG)

Le contrat concerne « les infrastructures, le développement minier (et) le port », a également expliqué Fadi Wazni, responsable de Winning Consortium, sur les antennes de la Radio télévision guinéenne (RTG). Ce contrat prévoit la construction du Transguinéen, un chemin de fer d’environ 670 km pour relier le corridor minier à un port minéralier sur la côte guinéenne, au sud de Conakry, la capitale. Le chemin de fer et le port en eaux profondes devraient être terminés en décembre 2024, selon les termes de l’accord, et la première production commerciale devrait voir le jour au plus tard le 31 mars 2025.

Pour réaliser cet énorme investissement, Rio Tinto s’est allié à Chinalco et le singapourien Winning Shipping aux entreprises chinoises Shandong Weiqiao (producteur d’aluminium) et Yantaï Port, ainsi qu’à la société guinéenne United Mining Supply.

Selon des experts, la Guinée pourrait disposer des plus importantes réserves mondiales non exploitées de fer à haute teneur, parmi d’autres ressources naturelles et minières considérables (bauxite, or et diamant). Mais cela n’empêche pas le pays d’être très pauvre. L’ensemble du projet représente plusieurs milliers d’emplois directs.

Source : France info

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