3 février 2023
Paris - France
JUSTICE

Kurdes tués à Paris : le principal suspect mis en examen pour « assassinat » et placé en détention provisoire

Le principal suspect de l’attaque qui a fait trois morts vendredi près d’un centre culturel kurde a été mis en examen et placé en détention provisoire ce lundi. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans la capitale pour rendre hommage aux victimes.

Plusieurs centaines se sont rassemblées ce lundi dans le Xe arrondissement de Paris.
Plusieurs centaines se sont rassemblées ce lundi dans le Xe arrondissement de Paris. © Maxppp – Olivier Arandel

Le suspect de l’attaque de vendredi dans un centre culturel kurde du Xe arrondissement de Paris, qui a fait trois morts, a été mis en examen ce lundi, pour les chefs « d’assassinat » et de « tentative d’assassinat » en raison « de la race, l’ethnie, la nation ou la religion », ainsi que pour « acquisition et détention » d’une arme. Une information judiciaire est ouverte pour ces mêmes motifs et le suspect a été placé en détention provisoire.

L’homme de 69 ans a reconnu être l’auteur de l’attaque. De nationalité française, il avait déjà commis des violences avec arme par le passé et a indiqué lors de son interpellation avoir agi parce qu’il était « raciste ». En garde à vue, il a reconnu avoir voulu viser la communauté kurde et a dit ressentir une « haine des étrangers devenue complètement pathologique » depuis un cambriolage à son domicile en 2016*.* Il a brièvement été conduit en psychiatrie avant d’être replacé en garde à vue. Le sexagénaire encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Un nouveau rassemblement, dans le calme

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies dans le calme à la mi-journée rue d’Enghien, pour une marche en hommage aux trois Kurdes tués par balle. Samedi, un grand rassemblement de soutien à la communauté kurde , organisé à Paris, avait été émaillé de violences. Cette fois, les organisateurs avaient spécifiquement donné pour mot d’ordre qu’il n’y ait pas de débordement ni de dégradation. De petits autels ont été érigés sur le trottoir, à l’endroit où les trois victimes ont été abattues, sur lesquels ont été déposés leur photographie ainsi que des bougies et des bouquets de fleurs.

Ce lundi, le cortège s’est élancé vers 12h30 en direction de la rue Lafayette. Les manifestants dénoncent  « l’insécurité » à laquelle la communauté kurde est confrontée selon eux. Ils refusent la qualification de « crime raciste » après l’attaque de vendredi, lui préférant celle de « crime politique ».

Immédiatement après l’attaque vendredi, les Kurdes de France ont évoqué un acte « terroriste » et mis en cause la Turquie. « Nous avons décidé de venir dès que nous avons entendu parler de cette attaque terroriste vendredi (…) Nous avons peur de la communauté turque et des services secrets », a déclaré ce samedi en anglais à l’AFP une jeune Kurde venue manifester de Rotterdam, qui n’a pas souhaité donné son patronyme par peur de représailles.

Les manifestants scandaient en kurde « Nos martyrs ne meurent pas » et en français « Femmes, vie, liberté », et réclamant « vérité et justice ». C’est dans ce même arrondissement de la capitale que trois militantes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) avaient été tuées le 9 janvier 2013 à Paris. L’assassin présumé est mort d’un cancer en 2016 quelques semaines avant son procès. Mais les parties civiles ont obtenu en 2019 la relance de l’enquête pour examiner l’éventuelle implication des services de renseignement turcs.

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