3 juillet 2022
Paris - France
ECONOMIE

Bouygues cède ses parts au sein du consortium qui gère le pont Henri Konan Bédié

Bouygues travaux publics a décidé de se désengager de Socoprim, la société de gestion et dexploitation du troisième pont à péage dAbidjan, baptisé « HenriKonanBédié

Selon nos informations, Bouygues travaux publics (BYTP), filiale du conglomérat français éponyme, prépare actuellement la cession des 19 % détenus par le groupe au sein de Socoprim, la société gestionnaire du pont dAbidjan à péage Henri KonanBédié. Le groupe français avait un temps souhaité céder sa participation à Egis, concessionnaire de laéroport international dAbidjan. Activement soutenue par le cabinet du premier ministre Hamed Bakayoko, cette transaction avait été âprement combattue par la présidence ivoirienne. Sur instruction présidentielle, cest le ministre de léquipement Amédée Kouakou qui va superviser la reprise des parts de Socoprim par lEtat. Un premier round de négociations doit souvrir cet automne. Le gouvernement ivoirien devrait également se porter garant de la dette accumulée par la Socoprim pour faire construire le pont à péage, un investissement de 308 millions deuros dont 270 millions deuros de dettes

Projet phare du début des années 2010, le pont à péage était à l’origine détenu à 49 % par Bouygues. Le groupe avait néanmoins été contraint de céder une partie de ses parts à plusieurs investisseurs, à linstar du fonds sudafricain Harith, de Pan African Infrastructure Development Fund (PAIDF) et de la banque panafricaine African Finance Corp (AFC). Aujourdhui, PAIDF contrôle le capital avec 26 % de lactionnariat, à égalité avec lAFC. Parmi les autres actionnaires figurent notamment lEtat ivoirien (18 %), la Banque nationale dinvestissement ivoirienne (6,5 %), Total Côte dIvoire (3,8 %) ou encore la filiale de Bouygues Setao (2%, qui sajoutent aux 17 % détenus par Bouygues travaux publics)

Malgré son statut de troisième actionnaire, Bouygues est lexploitant et le concessionnaire du pont pour une période de vingtcinq ans depuis 2015. Dans ce cadre, lEtat verse près de 2 milliards de francs CFA (3 millions deuros) mensuels pour assurer léquilibre financier. Ces derniers mois, les sujets de tensions sétaient multipliés entre Bouygues et lEtat, qui contestait notamment une partie des relevés de trafic du groupe tricolore. Les négociations débuteront avant la fin de lannée pour le transfert des parts de Bouygues à lEtat ivoirien

En sursis en France, Didier Raoult se déporte en Afrique 

Alors que, à Marseille, la nouvelle direction de lAssistance publiqueHôpitaux de Paris (APHP) veut lancer un appel à candidature pour trouver un successeur au très médiatique microbiologiste Didier Raoult, qui dirige lInstitut Hospitalo Universitaire Méditerranée Infection, ce dernier se cherche un avenir en Afrique, il a commencé sa carrière et linstitut quil dirige a créé deux filiales, au Sénégal et en Algérie. Arrivé au Gabon le 27 août, Didier Raoult a déjeuné, le lendemain, avec le président gabonais Ali Bongo et sa femme Sylvia Bongo. Il a également rencontré les dirigeants du Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF), avec lesquels il pourrait, selon lévolution de sa situation en France, envisager un partenariat

Ali Bongo nest pas le premier chef dEtat africain à sentretenir avec Didier Raoult : au plus fort de la pandémie lan dernier, le président congolais Denis Sassou Nguesso avait, lui aussi, cherché conseil auprès du microbiologiste qui, quelques années auparavant, avait effectué une mission de recherche et détude dans le Pool congolais. Le 30 mars, Raoult a été décoré par le président sénégalais Macky Sall

DÉFENSE 

De Bamako à Libreville, le complexe militaire tchèque passe à l’offensive 

En juillet, Prague a mené en Afrique de lOuest et centrale une vaste campagne pour vanter, auprès des étatsmajors, le savoir faire des sociétés de défense tchèques. Dans lexpré carré français, la concurrence sinternationalise à grands pas

Mali, Burkina Faso, Ghana, Togo, mais aussi Cameroun et Gabon : telles sont les pays parcourus début juillet en Afrique de lOuest et centrale par une délégation de représentants de plusieurs poids lourds du complexe militaire tchèque. Sous limpulsion du viceministre de la défense Tomas Kopecny, des sociétés du conglomérat Czechoslovak Group (CSG), Excalibur International, Excalibur Army et Retia, mais également les firmes DEFCON, Bowenite et Ceská Zbrojovka ont participé au projet PROPED de soutien à la diplomatie économique mis en place par Prague. Les intérêts tchèques dans les secteurs du pétrole et du gaz ainsi 

que des mines ont aussi été mis en avant

Prospection tous azimuts 

Pour l’industrie de défense de la République tchèque, déjà bien implantée au Nigeria, lobjectif est à la fois de consolider ses positions et de soffrir de nouveaux débouchés, en particulier dans lespace francophone qui présente dimportantes perspectives de croissance. Au Cameroun et au Gabon, Excalibur a proposé aux ministres de la défense respectifs des deux pays, Joseph Beti Assomo et Michael Moussa Adamo, des offres portant sur des véhicules blindés. Yaoundé et Libreville cherchent en effet depuis quelques mois à équiper leurs contingents engagés au sein de la Minusca, la mission de maintien de la paix onusienne déployée en Centrafrique. Alors que le président Ali Bongo vient de donner son accord pour acquérir quinze blindés Bastion via le français Sofema (AI du 

17/06/21), le Cameroun a déjà réceptionné un important lot de véhicules blindés via la société OMP Solutions, pilotée par le général Dominique Trinquand 

En parallèle, la firme tchèque Retia, spécialisée en électronique et télécommunications, en a profité pour courtiser le chef détatmajor de la marine camerounaise, le contreamiral Jean Mendoua, avec ses systèmes de radars maritimes. Celui-ci était déjà en contact avec le turc Havelsan dans lidée de sécuriser les côtes du pays face à la piraterie, alors que Yaoundé peine à financer le renforcement de sa marine par ses propres moyens (AI du 25/06/21)

Des courtiers tchèques bien connectés 

Autre société à avoir effectué le déplacement, DEFCON, qui est très loin dêtre un outsider sur les marchés de défense africains. La société de courtage militaire basée à Prague, dirigée par le triumvirat Jiri Milicka, Martin Marcon et Petr Markvart, avait été épinglée par un rapport daudit du ministère nigérien de la défense en février 2020, pour ses liens supposés avec la société BRID A DEFCON du broker Aboubacar Hima, alias « Petit Boubé, dans le cadre de trois marchés entachés dirrégularités (AI du 10/07/20). DEFCON a toutefois démenti avoir été associé à BRID A DEFCON, que son fondateur a délocalisé à Prague peu après le début de lenquête

Début de succès au Ghana

A Accra, le ministre ghanéen de la défense Dominic Nitiwul a donné une suite favorable à la proposition tchèque portant sur la vente potentielle de six avions dentraînement et dattaque légers L39 NG, conçus par la firme Aero Vodochody, fabricant qui a équipé pendant des décennies de nombreuses aviations africaines, à linstar de lAlgérie, la Libye, lEgypte et lEthiopie. Le 2 août, le ministre a ainsi communiqué au Parlement une proposition de contrat dune valeur de 111 millions deuros. Des négociations qui pourraient aboutir au deuxième succès commercial du L39 NG en Afrique, dans le sillage du Sénégal (AI du 01/06/20). Ce succès reste, pour le moment, en demiteinte : les livraisons à laviation sénégalaise ont été reportées à 2022 au plus tôt (AI du 01/06/20), le temps quAero Vodochody achève le développement de lappareil

AI

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